Nord-Kivu : la société civile exige une mission de contrôle des sociétés de télécomms pour assécher les ressources des ADF
Les organisations citoyennes du territoire de Beni, au Nord-Kivu à l'Est de la République Démocratique du Congo (RDC), ont sollicité des autorités du même pays, pour l’instauration d’une réquisition des compagnies de télécommunications. Cette démarche viserait à entraver les mouvements financiers supposément liés aux rebelles des Forces Démocratiques Alliées (ADF), accusés de multiples exactions dans cette partie du pays. Par Augustin Ndjabu
Dans une correspondance transmise le vendredi 20 février au président de l’Assemblée nationale, ces acteurs de la société civile soutiennent que les éléments ADF exploiteraient fréquemment les réseaux de téléphonie pour planifier et synchroniser des offensives contre des agglomérations habitées.
Par ailleurs, ils estiment que ces communications pourraient révéler l’implication de relais ou de soutiens infiltrés au sein de certaines structures locales. Les représentants citoyens pointent également une hausse des kidnappings accompagnés de demandes des rançons, dont les versements transiteraient par des plateformes de mobile money, considérées comme techniquement identifiables par les services compétents.
Dans un contexte marqué par une insécurité durable à Beni (chef-lieu actuelle du Nord-Kivu), la société civile propose donc une prise de contrôle temporaire des opérateurs télécoms. À ses yeux, une telle décision faciliterait le repérage des membres des milices ADF et de leurs complices présumés, tout en désorganisant leurs mécanismes de financement.
Les initiateurs de cette requête affirment que la prise de mesure contribuerait à accroître la performance des dispositifs sécuritaires et à mieux prémunir les habitants, régulièrement victimes d’attaques armées.


