RDC : poursuivi pour outrage au chef de l’État, Parole Kamizelo plaide la métaphore politique devant la justice
Devant la justice congolaise, Parole Kamizelo, philosophe et analyste politique connu sous le pseudonyme de Monsieur maîtrisable et réputé proche de l’opposition, notamment du PPRD, s’est longuement défendu face aux accusations d’outrage au chef de l’État, Félix Tshisekedi. Les faits reprochés découlent de propos tenus lors d’une émission télévisée, largement relayée ensuite sur les réseaux sociaux. Par Emmanuel EKULE
Au cœur de sa défense, Kamizelo a rejeté toute intention d’insulte ou d’atteinte personnelle au président de la République. Il affirme que ses déclarations s’inscrivaient dans un débat politique contradictoire et relevaient d’un langage métaphorique. « Il s’agissait de coups politiques, pas d’attaques physiques ni personnelles », a-t-il soutenu, rappelant qu’il répondait à des accusations portées contre lui en direct par un co-débatteur.
L’analyste a également dénoncé ce qu’il considère comme une instrumentalisation judiciaire du débat politique. Selon lui, jamais dans l’histoire politique mondiale un citoyen n’aurait été traduit devant un juge pour avoir évoqué des éléments symboliques liés à la vie d’un chef d’État, citant en comparaison des controverses publiques ayant visé des dirigeants étrangers sans poursuites judiciaires similaires.
Parole Kamizelo a insisté sur la distinction entre vie privée et vie publique, estimant que certains aspects relevant de la symbolique politique peuvent être discutés dès lors qu’ils touchent à la gestion du pouvoir et à la responsabilité publique.
Il a toutefois affirmé n’avoir jamais cherché à discréditer personnellement Félix Tshisekedi, rappelant que ses propos visaient à alimenter la réflexion politique et philosophique, et non à porter atteinte à l’honneur du président.
Cette affaire, très suivie dans l’opinion, relance le débat en République démocratique du Congo sur les limites de la liberté d’expression, la critique politique et l’usage de la justice dans un contexte de forte polarisation. La décision attendue pourrait faire jurisprudence sur la manière dont les discours politiques et médiatiques sont appréciés par les tribunaux congolais.


