En RDC, Néhémie Mwilanya accuse Tshisekedi d'avoir bradé les minerais et justifie le départ de Joseph Kabila du pouvoir

8 Février 2026 - 17:37
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En RDC, Néhémie Mwilanya accuse Tshisekedi d'avoir bradé les minerais et justifie le départ de Joseph Kabila du pouvoir

Sur le plateau de TV5 Afrique, le professeur Néhémie Mwilanya, ancien directeur du cabinet de Joseph Kabila, a livré une charge politique sévère contre le président Félix Tshisekedi, l’accusant d’avoir « trahi les intérêts fondamentaux du Congo », notamment sur la question stratégique des minerais. Dans cette interview, il est longuement revenu sur les circonstances du départ de Joseph Kabila du pouvoir et sur ce qu’il décrit comme un choix « patriotique » face aux pressions internationales. Par Emmanuel EKULE

Interrogé sur les raisons de la fin du règne de Joseph Kabila alors qu’il était encore jeune et solidement installé au pouvoir, Néhémie Mwilanya affirme que l’ancien président a volontairement choisi de partir pour éviter un bain de sang. Selon lui, Kabila aurait privilégié la première alternance pacifique de l’histoire du pays, préférant « se sacrifier » politiquement afin de préserver la paix et l’unité nationale.

L’ancien dircab de Kabila soutient que les véritables tensions avec la communauté internationale ont émergé au moment de la révision du Code minier. Il affirme que cette réforme visait à renforcer la souveraineté économique de la RDC et à permettre à l’État de mieux contrôler et redistribuer les richesses issues de l’exploitation minière. Ce choix aurait, selon lui, déclenché des pressions, des intimidations et des menaces émanant notamment des États-Unis, du Canada et de l’Union européenne.

L'homme puissant sous le régime Kabila va plus loin en accusant certaines organisations citoyennes et de défense des droits humains d’avoir été instrumentalisées pour affaiblir le régime Kabila. Il cite notamment FILIMBI, LUCHA et l’ACAJ, qu’il présente comme des structures créées ou soutenues de l’extérieur pour ternir l’image de l’ancien président, en lien, selon lui, avec l’UDPS alors dans l’opposition. Il affirme que ces mouvements seraient aujourd’hui silencieux face aux abus commis sous le régime actuel.

Concernant Félix Tshisekedi, Mwilanya parle ouvertement de « trahison », l’accusant d’avoir cédé aux pressions américaines en concédant le contrôle des minerais stratégiques de la RDC. Il compare cette démarche à celle du président ukrainien Volodymyr Zelensky, estimant que Tshisekedi aurait cherché un appui américain en échange des ressources minières, sans obtenir de garanties réelles sur la sécurité et l’intégrité territoriale du pays, notamment face à la crise persistante dans l’est.

En conclusion, il estime que « l’histoire jugera », assurant que la comparaison entre les deux régimes aurait, selon lui, déjà permis à une partie de la population de reconsidérer le bilan de Joseph Kabila face à celui de Félix Tshisekedi.