Beaux à Loyer à Kinshasa : une lettre d’Alain Kyungu aux autorités sectorielles

12 Janvier 2026 - 12:56
12 Janvier 2026 - 12:59
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Beaux à Loyer à Kinshasa : une lettre d’Alain Kyungu aux autorités sectorielles

Alors que la grogne sociale ressurgit à Kinshasa autour des loyers abusifs, expulsions arbitraires et violations répétées des droits des locataires, une question s’impose : combien de temps encore l’État restera-t-il silencieux ? Plusieurs questions se posent dans le pays relatives à ce sujet qui taraudent les locataires et fragilisent l’efficacité de l’état.

Dès juillet 2024, Alain Kyungu Mushidi avait alerté  à travers une lettre ouverte responsable et juridiquement fondée. Aujourd’hui, les faits lui donnent raison.

Cette communication remet au centre du débat une problématique qui touche à la dignité humaine, à la justice sociale et à la stabilité urbaine, et appelle les autorités compétentes à s’impliquer idéalement.

Dans sa note, Alain Kyungu écrit : La problématique des baux à loyer en République Démocratique du Congo refait violemment surface dans le débat public. Depuis plusieurs jours, Kinshasa traverse par une grogne sociale palpable, nourrie par des pratiques abusives devenues quasi systémiques : augmentations unilatérales et exorbitantes des loyers, expulsions arbitraires, absence de contrats formels, le silence qui s'impose usent de contraintes économique.

Les Kinois expriment un ras-le-bol profond, et les réseaux sociaux comme les témoignages de terrain traduisent une indignation qui ne cesse de s'amplifier. Pourtant, cette situation n'est ni nouvelle ni imprévisible.

En 03 juillet 2024, Alain Kyungu Mushidi, acteur politique congolais engagé sur les questions d'utilité publique, avait adressé une lettre ouverte au Ministre de la Justice à l'époque, alertant avec responsabilité et clarté sur les dérives persistantes dans le secteur des baux à loyer et sur les risques sociaux majeurs liés à l'inaction de l'État.

Cette démarche, fondée sur le droit et l'intérêt général, avait suscité un débat ponctuel, sans toutefois déboucher sur des mesures concrètes. Aujourd'hui, au regard de l'actualité brûlante, cette lettre apparaît comme une alerte ignorée, dont les conséquences se manifestent désormais au grand jour.

que la RDC dispose pourtant d'un cadre juridique clair et suffisamment étoffé pour encadrer les relations entre bailleurs et locataires.

La Loi n°73-021 du 20 juillet 1973 portant régime général des biens impose la formalisation écrite des contrats de bail et exige des loyers raisonnables, proportionnels à la valeur des biens loués.

Le Code civil, Livre III, encadre strictement les procédures de résiliation et d'éviction, garantissant un préavis légal et la protection contre les expulsions arbitraires.

À cela s'ajoute la Loi nº15/025 du 31 décembre 2015, qui renforce la protection des locataires, interdit toute augmentation de loyer sans préavis écrit et proscrit les évictions abusives.

Malgré cet arsenal juridique, la réalité sur le terrain révèle une défaillance manifeste dans l'application de la loi, laissant les citoyens, en particulier les ménages à faibles revenus, sans protection effective. Cette contradiction entre le droit et la pratique alimente aujourd'hui la colère sociale et fragilise le lien de confiance entre l'État et la population.

Face à cette situation devenue préoccupante, Alain Kyungu Mushidi décide de remettre officiellement cette question au cœur de l'actualité nationale. Sa démarche consiste à actualiser sa lettre ouverte et à l'adresser au Ministre de la Justice actuellement en fonction, avec ampliation au Ministre de l'Urbanisme et Habitat, afin que ces deux secteurs stratégiques se saisissent urgemment de cette problématique qui touche directement à la dignité humaine et à la stabilité sociale.

Cette relance se veut à la fois ferme et responsable. Elle exprime un regret profond face une sorte d'indifférence assumée opposée jusque-là par les autorités compétentes, tout en maintenant une ouverture totale au dialogue institutionnel.

Alain Kyungu Mushidi réaffirme sa disponibilité à participer à des séances de travail, cadres de concertation ou formats plus élaborés, associant pouvoirs publics, experts juridiques et acteurs du secteur immobilier, afin de co-construire des solutions durables, réalistes et socialement justes.

Au-delà de l'interpellation, l'enjeu est clair : éviter que la crise des baux à loyer ne se transforme en un problème de société plus grave, avec des répercussions sur la paix sociale, la sécurité urbaine et la cohésion nationale. Réguler efficacement les loyers, encadrer strictement les évictions et garantir l'accès à la justice ne relèvent pas du luxe politique, mais d'une obligation régalienne.

En relançant ce plaidoyer, Alain Kyungu Mushidi s'inscrit dans une posture de citoyen engagé et de veilleur social, convaincu que prévenir vaut mieux que subir. Il appartient désormais aux autorités actuelles de transformer cette alerte en actions concrètes, afin de protéger les familles congolaises, restaurer la confiance des citoyens et démontrer que l'État reste attentif aux signaux d'alerte qui montent de la société.

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