Kinshasa sous la menace : l’insécurité explose, l’État fait autruche
La peur s’est installée durablement dans la capitale congolaise, Kinshasa. Braquages à main armée, agressions nocturnes, vols en plein jour : Kinshasa vit au rythme d’une insécurité devenue presque banale. Des quartiers populaires aux zones commerciales, les criminels opèrent sans crainte, parfois à quelques mètres des postes de police. La population, livrée à elle-même, doute désormais de la capacité de l’État à assurer sa mission première : protéger les citoyens. Par Emmanuel EKULE
Cette dérive sécuritaire met directement en cause la gestion du Vice-Premier Ministre et Ministre de l’Intérieur. Malgré les discours rassurants et les annonces d’opérations musclées contre les gangs urbains, les résultats restent invisibles pour les Kinois. Les bandes armées continuent de sévir avec une audace croissante, révélant l’inefficacité des stratégies actuelles et l’absence d’une vision claire pour endiguer durablement la criminalité.
Les braquages spectaculaires ciblant banques, maisons commerciales, domiciles et cambistes constituent la preuve la plus flagrante de cet échec. Menées en plein jour, parfois dans des zones à forte présence policière, ces attaques exposent les failles béantes du dispositif sécuritaire. Comment expliquer que des criminels puissent frapper aussi librement sans être interceptés ni dissuader ? Pour beaucoup, ces scènes traduisent une perte totale de contrôle de l’espace urbain.
Plus inquiétant encore, les abus commis par certains éléments de la Police aggravent le malaise. Extorsions, tracasseries, violences et passivité lors de braquages sont régulièrement dénoncées par les victimes. Au lieu d’être un rempart contre l’insécurité, une partie des forces de l’ordre est perçue comme un facteur supplémentaire d’oppression, accentuant la rupture entre la population et les institutions.
Une ville devenue invivable sous l’œil impuissant de l’état
À Kinshasa, l’exaspération est palpable. Les citoyens n’attendent plus des slogans, mais des actes forts, une réforme réelle de la police et une responsabilité politique assumée. Tant que l’inaction, l’improvisation et l’impunité prévaudront au sommet du ministère de l’Intérieur, l’insécurité continuera de dicter la loi dans la capitale, au détriment de millions de vies prises en otage.


