Ouganda : Un scrutin sous haute tension et un pays dans l’attente

15 Janvier 2026 - 20:57
15 Janvier 2026 - 20:59
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Ouganda : Un scrutin sous haute tension et un pays dans l’attente

Ce jeudi 15 janvier 2026, les Ougandais se sont rendus aux urnes pour des élections générales placées sous le signe de la peur et de l'incertitude. Entre pannes techniques, déploiement militaire massif et black-out numérique, le duel entre le vétéran Yoweri Museveni et l'opposant Bobi Wine plonge le pays dans une atmosphère électrique.

Un démarrage chaotique

​Dès l'aube, de longues files d'attente se sont formées devant les bureaux de vote de la capitale. Cependant, l'enthousiasme des électeurs a rapidement laissé place à la frustration. Dans de nombreux districts, notamment les bastions de l'opposition, le matériel biométrique d'identification des électeurs a fait défaut, retardant l'ouverture des scrutins de plusieurs heures.

​« C'est une stratégie classique pour décourager les jeunes électeurs », s'insurge un sympathisant de la National Unity Platform (NUP) à Kamwokya. De son côté, la Commission électorale évoque de simples « défis logistiques ».

La « force brute » face aux urnes

​Le paysage urbain de Kampala est aujourd’hui méconnaissable : chars d’assaut aux carrefours stratégiques et patrouilles de la police militaire en tenue de combat. Le président Yoweri Museveni, 81 ans, dont quarante années passées au pouvoir, a prévenu qu'aucune « déstabilisation » ne serait tolérée.

​Pour ses partisans, il reste le garant de la paix. Pour ses détracteurs, cette omniprésence sécuritaire n’est qu’une façade pour masquer une répression systématique. Depuis le début de la semaine, les réseaux sociaux sont inaccessibles, le gouvernement ayant ordonné une coupure totale d'Internet le 13 janvier, plongeant le pays dans un isolement informationnel total.

​L'enjeu de ce scrutin repose sur une fracture générationnelle profonde :

​Yoweri Museveni joue la carte de l'expérience et de la stabilité, bien que sa légitimité soit de plus en plus contestée par une population dont la moyenne d'âge ne dépasse pas 16 ans.

​Robert Kyagulanyi, alias Bobi Wine, continue d'incarner l'espoir de changement pour une jeunesse urbaine frappée par le chômage. Malgré les arrestations de ses lieutenants et les menaces pesant sur sa propre sécurité, l'ancien chanteur appelle ses partisans à « protéger leur vote ».

​L’absence de l'opposant historique Kizza Besigye, toujours détenu, pèse lourdement sur la crédibilité du processus. Les observateurs internationaux, dont les accréditations ont été limitées cette année, craignent une annonce de résultats contestés dans les 48 heures, ce qui pourrait déclencher des vagues de protestations sociales dans un pays déjà à fleur de peau.

​Alors que les bureaux de vote commencent à fermer, l'Ouganda retient son souffle, craignant que le dépouillement ne soit le prélude à une nouvelle crise politique majeure.

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