Denis Mukwege sur la crise congolaise : « Pas de dialogue sans la fin de l’agression »

4 Février 2026 - 11:03
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Denis Mukwege sur la crise congolaise : « Pas de dialogue sans la fin de l’agression »

Le prix Nobel de la paix Denis Mukwege a exprimé une position ferme sur la crise sécuritaire persistante dans l’Est de la RDC lors d'une interview chez DW, estimant que le dialogue intercongolais ne constitue pas, à ce stade, une solution appropriée. Pour le célèbre gynécologue congolais, toute initiative de dialogue national engagée dans un contexte de guerre et d’ingérence étrangère risque d’être biaisée et inefficace, car elle ne s’attaque pas à la cause première du conflit. Par Emmanuel EKULE

Selon Denis Mukwege, la priorité absolue doit être la fin de la guerre et la restauration de l’intégrité territoriale ainsi que de la souveraineté de la RDC. Il qualifie la situation actuelle de guerre d’agression, soulignant que tant que des forces étrangères et des groupes armés soutenus de l’extérieur continuent d’opérer sur le sol congolais, aucun dialogue crédible et apaisé ne peut voir le jour. 

Pour lui, la paix durable passe d’abord par la sécurité et le rétablissement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire.

Le Dr Mukwege estime qu’une fois l’agression stoppée, les Congolais pourront alors se retrouver entre eux, sans influences extérieures, notamment celles attribuées à Kigali, pour engager un véritable dialogue national. 

Ce dialogue, souverain et inclusif, devrait permettre aux citoyens congolais de définir librement le chemin politique, institutionnel et social à suivre pour l’avenir du pays, sur la base de leurs propres priorités et aspirations.

Le prix Nobel de la paix a insisté sur la question centrale de la justice, qu’il considère indissociable de tout processus de paix. Il rejette l’idée d’un dialogue avec des acteurs impliqués dans des crimes graves contre les populations civiles, estimant que ceux qui ont versé le sang des Congolais doivent impérativement répondre de leurs actes devant la justice.

Dans cette perspective, le dialogue ne saurait être un substitut à la justice, mais un processus qui ne peut intervenir qu’après la fin de l’agression et dans le respect des principes de responsabilité et de lutte contre l’impunité.