Sécurité aérienne : l’Union européenne prolonge la mise à l’écart des compagnies aériennes de la RDC

4 Février 2026 - 09:50
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Sécurité aérienne : l’Union européenne prolonge la mise à l’écart des compagnies aériennes de la RDC

La Commission européenne a confirmé le maintien de l’interdiction d’accès à l’espace aérien de l’Union européenne pour toutes les compagnies aériennes immatriculées en République démocratique du Congo. En l’état actuel, aucun avion congolais n’est autorisé à opérer dans les 27 pays membres de l’UE, une mesure qui s’inscrit dans le cadre de la « liste noire » européenne en matière de sécurité aérienne. Par Emmanuel EKULE

Selon les autorités européennes, cette décision repose sur des insuffisances persistantes de l’Autorité de l’aviation civile congolaise (AAC). Les manquements relevés concernent notamment la supervision technique, l’indépendance des mécanismes de contrôle et la maintenance des flottes, jugées en grande partie vieillissantes. Bruxelles estime que ces éléments ne garantissent pas encore un niveau de sécurité conforme aux standards internationaux.

Au total, environ 23 compagnies congolaises sont concernées par cette interdiction, parmi lesquelles Congo Airways et FlyCAA. La RDC figure sur cette liste depuis 2006, ce qui en fait l’un des pays les plus durablement sanctionnés dans le domaine de l’aviation civile. 

Kinshasa partage cette situation avec 16 autres États, bien que certains, comme l’Angola ou la Libye, aient obtenu des autorisations conditionnelles pour des transporteurs spécifiques.

En conséquence, les liaisons aériennes entre Kinshasa et les capitales européennes restent assurées exclusivement par des compagnies étrangères telles qu’Air France ou Brussels Airlines. Cette configuration limite fortement les perspectives de développement des transporteurs nationaux congolais et accentue leur dépendance vis-à-vis des opérateurs internationaux sur les lignes long-courriers stratégiques.

Face à ce constat, le gouvernement congolais affirme poursuivre un programme de réformes visant à lever les restrictions. Les autorités évoquent la formation d’inspecteurs, la modernisation des infrastructures de la Régie des voies aériennes (RVA) et l’appui de partenaires internationaux, dont la Belgique. 

La liste noire européenne étant révisée deux fois par an, un examen décisif est attendu à l’été 2026, date à laquelle la RDC espère enregistrer des avancées significatives.