Face aux importations, la RDC renforce sa stratégie de substitution industrielle

4 Février 2026 - 09:27
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Face aux importations, la RDC renforce sa stratégie de substitution industrielle

La RDC a décidé de durcir et de prolonger sa politique de restriction des importations. Le ministère du Commerce extérieur a reconduit pour douze mois l’interdiction d’importer des bières et boissons gazeuses sur l’ensemble du territoire national, tout en maintenant des limitations ciblées sur plusieurs produits industriels jugés stratégiques. Par Emmanuel EKULE

Cette mesure s’inscrit dans une stratégie clairement protectionniste visant à soutenir le « made in RDC » et à réduire la lourde facture des importations. Selon les autorités, l’objectif est de stimuler la production locale, préserver les devises et renforcer la chaîne de valeur industrielle nationale, dans un contexte de pression sur la balance commerciale.

Les restrictions varient selon les zones économiques. Dans l’ouest du pays, l’importation des carreaux, barres de fer et câbles électriques en cuivre reste strictement encadrée. Dans le sud-est, ce sont les détergents et certaines cathodes métalliques qui sont concernés, tandis que le sud est soumis à des limitations sur les tubes en plastique, les anodes en cuivre et le plomb.

Les autorités mettent en avant des résultats concrets. À Kinshasa, les prix des carreaux ont reculé, portés par l’essor de la production locale. L’industriel Saphir Ceramics exporte désormais environ 300 000 m² de carreaux par mois vers la République du Congo. 

Par ailleurs, les câbles en cuivre fabriqués en RDC trouvent des débouchés régionaux en Tanzanie, au Kenya et en Zambie.

Si les entreprises locales saluent une politique favorable à l’industrialisation et à l’emploi, certains acteurs du marché restent prudents. Le risque d’une hausse des prix à moyen terme, en cas d’offre locale insuffisante ou de manque de concurrence, demeure un sujet de débat. 

Pour Kinshasa, le choix est néanmoins clair : fermer partiellement la porte aux importations pour accélérer l’émergence d’un tissu industriel national.