En RDC, le PPRD accuse le pouvoir d’acharnement judiciaire et rejette "un dialogue de façade "

6 Février 2026 - 23:18
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En RDC, le PPRD accuse le pouvoir d’acharnement judiciaire et rejette "un dialogue de façade "

Le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) de l'ancien président de la République, Joseph Kabila a rendu publique, le 3 février 2026, une déclaration politique dans laquelle il conteste vigoureusement le réquisitoire du ministère public près le Conseil d’État visant ses activités, malgré la levée légale de sa suspension. Le parti affirme avoir été surpris par cette notification tardive, intervenue plusieurs mois après la décision initiale, alors que la suspension décidée par le ministère de l’Intérieur avait déjà expiré de plein droit. Par Emmanuel EKULE

S’appuyant sur les articles 28 et 29 de la loi n°04/002 du 15 mars 2004 portant organisation et fonctionnement des partis politiques, le PPRD soutient que toute suspension est strictement encadrée dans le temps et devient caduque à l’expiration des délais légaux en l’absence de décision juridictionnelle. Dans ces conditions, le parti considère que le réquisitoire signifié après coup constitue un non-sens juridique, sans aucun effet sur le fonctionnement d’une formation politique légalement constituée.

Dans sa déclaration, le PPRD dénonce ce qu’il qualifie d’« acte supplémentaire d’acharnement politique » et accuse le régime en place d’instrumentaliser la justice pour affaiblir un parti majeur de l’opposition. Il estime que ces démarches s’inscrivent dans une stratégie d’intimidation visant à imposer un prétendu dialogue politique, destiné selon lui à légitimer des institutions jugées responsables de la crise politique, sécuritaire et sociale que traverse la République démocratique du Congo.

Le parti réaffirme par ailleurs son rejet catégorique de tout processus de dialogue ne respectant pas des préalables clairs. Il exige notamment un cessez-le-feu effectif entre belligérants, une réelle décrispation du climat politique, la libération immédiate et sans conditions de tous les prisonniers d’opinion, ainsi qu’une médiation neutre, crédible, inclusive et acceptée par toutes les parties. À défaut, le PPRD prévient qu’il ne cautionnera aucun « simulacre de dialogue ».

Enfin, le PPRD met en garde contre toute tentative de reconstitution d’une prétendue Union sacrée qui viserait, selon lui, à modifier la Constitution et à préparer un troisième mandat au profit du président Félix Tshisekedi. Il appelle le peuple congolais, les forces démocratiques et patriotiques, ainsi que ses militants, à la vigilance citoyenne et à la résistance républicaine, tout en exigeant la libération immédiate de plusieurs de ses cadres détenus, dont Aubin Minaku, Emmanuel Ramazani Shadary et Dunia Kilanga.