Vital Kamerhe face à la tempête : entre pétition et calculs politiques Tribune de Salem MAPUNA l'analyste politico-psychologique
La pétition qui vise aujourd’hui le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, semble à première vue une simple contestation de gestion interne. Mais en réalité, elle traduit une lutte silencieuse autour des équilibres politiques et des rapports de force à l’intérieur de l’Union sacrée.
D’un point de vue psychologique, une pétition est rarement un geste neutre : elle exprime une défiance, mais aussi un besoin de repositionnement. Les députés qui y apposent leur signature ne contestent pas seulement une méthode de gestion ; ils testent la solidité d’un leader qui reste un pilier politique, surtout dans l’espace swahiliphone.
Le danger est clair : si Vital Kamerhe venait à tomber, l’Union sacrée perdrait l’une de ses figures d’équilibre les plus solides, et avec elle une part essentielle de la confiance que l’Est du pays place dans l’actuelle coalition. En même temps, l’opposition, en pleine structuration, trouverait là un argument supplémentaire pour se poser en alternative crédible.
Politiquement, s’attaquer à Kamerhe, c’est fragiliser le socle même du président Tshisekedi, qui risque de perdre un allié stratégique et d’apparaître isolé dans un contexte déjà tendu. Psychologiquement, c’est aussi donner le signal que l’Union sacrée est traversée par des fractures internes plus profondes que ce qu’elle veut afficher.
En définitive, cette pétition n’est pas seulement un acte parlementaire ; c’est un révélateur. Elle nous rappelle que dans le jeu politique congolais, chaque coup porté à un allié majeur se transforme tôt ou tard en affaiblissement collectif.
Salem Mapuna l'analyste Politico-Psychologue


